
Alors pour mieux se venger, il est revenu. Rescucité, réincarné même. Mais heureusement pour moi, modeste porte-plume aux heures où l'on ne peut que contempler rêveur cette pleine Lune pleine de mystère, cet article n'est nourri d'aucun désir de tuer.
En réalité, cet article n'est pas mort. Il a juste attendu le bon moment pour naître. J'aurais dû. Pardon. J'aurais pu l'écrire bien avant. Il y a trois ans, lorsque j'ai découvert Syd Matters par une belle journée d'avril. Un mois avant le bonheur du mois de mai. Mon mois à moi.
Syd Matters, curieux pseudonyme qui évoque vaguement un autre Syd, complètement barré, Syd Barrett, bourré d'amphètes, celui des Pink Floyd. Mais derrière ce nom d'emprunt anglicisé se cache en fait un jeune homme bien français, Jonathan Morali, parisien d'origine et vingt-sept années au compteur, accompagné de quelques musiciens à l'image du guitariste Olivier Marguerit.
Les premiers sons de la bande à Morali vinrent chatouiller mes cages à miel avec Someday we will foresee obstacles il y a trois ans donc, un peu comme la plupart de ceux qui écoutent le groupe encore aujourd'hui, hormis peut-être ceux qui ont eu la chance de cotoyer Jonathan dans les bars, à l'époque où, seul avec sa guitare folk, il voguait solitaire mais déjà rêveur.
Cet album fut salué de fort belle manière, encouragé par la critique et suscita un bel engouement parmi le public. Mais, personnellement, j'attendais encore quelque chose. Ayant apprécié le potentiel, les sonorités, l'univers de ce bonhomme à la barbe fleurie, j'espérais persuadé, que la suite de l'histoire serait forcément plus belle. Et aujourd'hui, après une bonne vingtaine d'écoutes de Ghost Days, leur nouvel album sorti il y a deux semaines, j'ai comme l'agréable sensation d'avoir eu raison. Bon, dans le même temps, ça m'ennuie d'avoir à encore faire l'éloge d'un groupe que j'aimais déjà d'avance.
Avec ce retour attendu, les membres de Syd Matters attestent, si certains en doutaient encore, savoir manier l'ironie aussi bien qu'une guitare sèche puisque même s'il est affublé d'un tel titre, le nouvel opus du groupe est tout sauf fantômatique.
A vrai dire, Ghost Days est un peu la belle surprise de ce début d'année en matière de rock indé français anglophone (en vogue mais pas toujours reconnu à sa juste valeur... Nicolas Leroux, d'Overhead si tu nous lis, on t'aime).
A son écoute s''offrent à l'oreille treizes plages aériennes, épurées à l'extrême, enveloppant des mélodies folk tantôt enfantines tantôt mélancoliques, vaporeuses et planantes entre cordes sèches, piano et Ondes Martenot. Un album d'une simplicité touchante, un album idéal en fait, qui se parcourt le temps d'une nuit ou d'un réveil et laisse s'échapper des fantômes tels que Nick Drake (Big Moon, Louise), Pink Floyd (I'll Jackson), Elliott Smith (I was asleep ou encore l'enfantin Cloudflakes, que n'aurait pas renié Satie), Leonard Cohen ou même...Syd lui même !
Je songe au titre "phare" du disque, à savoir "Everything Else". Du pur Morali, qui aurait pu figurer sur l'album précédent sans provoquer aucun anachronisme. Le songwriter y dépeint son quotidien lorsque, seul dans sa chambre, coupé du monde, il écrivait au bord du gouffre de la feuille blanche, les chansons qui allaient venir caresser les pistes du nouvel opus.
Rares sont les albums dont le contenu est cohérent de la première à la dernière piste. Rares sont les albums qui s'érigent avec une telle sincérité en portes ouvertes sur leur créateur. Avec Ghost Days, Syd Matters/Jonathan Morali laisse passer sa lumière intérieure, son univers et quelques rêves hantés de son enfance.
Une petite lampe de chevet, une veilleuse, une mélodie agréable, un conte pas lu en entier mais qui continue de se laisser savourer, inconsciemment, doucement...chut...éteinds la lumière.
Guillaume D.

http://www.myspace.com/sydmatters
Une interview très touchante de Jonathan :
http://fr.youtube.com/watch?v=VW0JTvfc4qw
Je me permets de rappeler que même si l'album est en écoute sur deezer, en faire l'acquisition serait une belle idée. Je vous le conseille vraiment, il est...vraiment...très agréable. Bonne écoute, bon syd !












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