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Dimanche 4 mars 2007

Laissez-le s'envoler...

Antony Hegarty. Ce nom ne vous dit peut-être rien. Si c'est le cas, c'est que le paradis des anges ne vous est pas familier. Certains le disent androgyne, lui voudrait être un oiseau...alors comme pour contenter tout le monde, Antony s'est fait ange. Lorsqu'il s'envole, il vous prend par la main et vous emmène dans son monde, son univers. Ne résistez pas. Fermez les yeux. Quand vous les rouvrirez, des larmes auront coulé. N'ayez pas peur, c'est juste votre âme qui se sera mise à ruisseler.

Les tribulations angéliques de cet anglais de 36 ans vous plongent dans une atmosphère en demi-teinte, à demi éteinte. Entre rêve et vérité, entre fantasme et poésie. Une sorte d'Edgar Alan Poe des temps modernes. Ce n'est d'ailleurs pas le fruit du hasard s'il interprète l'un de ses poèmes. Juste la manifestation d'une sensibilité. Singulière. Servie par une voix troublante, parfois tremblante...sans doute son coeur battant des ailes sur ses cordes vocales, pour mieux faire vibrer le vôtre. Une voix haut perchée entre cordes et claviers, faisant rimer génie et symphonie.

Sorti en 2005, l'album I'm a bird now a levé encore une plus grande partie du voile sur le talent de cet artiste mystérieux. Entouré de Lou Reed, de Rufus Wainwright, de Boy George sur le suave "You are my sister", ou encore de l'excellent Devendra Banhart, Antony...and the Johnsons, ses musiciens, nous offrent une petite clé. Saisissez-la, ouvrez la porte et laissez-le s'envoler...D'un battement d'aile, il viendra dépoussiérer votre mélancolie, et, dans un grand nuage, vous apaiser d'un baiser au lipstick noir.

Papillonner, c'est encore le meilleur moyen d'oublier une dure journée de travail...alors qu'est-ce que vous attendez ?

Guillaume D

ANTONY AND THE JOHNSONS : 

The Lake - Adaptation d'un poème d'Edgar Alan Poe

http://www.youtube.com/watch?v=ue86XlCg8gk&mode=related&search=

Hope there's someone- Titre phare de l'album I'm a bird now

http://www.youtube.com/watch?v=mbA0RmHD7RY&mode=related&search=

You are my sister, chez Dave Letterman...

http://www.youtube.com/watch?v=_R3CYVLcYZw

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Vendredi 9 février 2007

 

Three O’Clock ! Le début de la messe vient d’être sifflé. Les fidèles sont au rendez-vous. Tous sont accoudés à de hauts guéridons, une pinte de Guinness à la main, et le sourire aux lèvres. Ils sont venus communier autour de leur passion quasi religieuse :
 
le Celtic Glasgow !
 
Aujourd’hui, leurs  Bhoys se déplacent à St-Mirren. Deux minutes de jeu. Les fans exultent, les yeux rivés sur l’un des deux écrans géants du Pub : but de Gravesen ! Le Celtic ouvre la marque. « What a goal ! » s’époumone Larry, écossais pure souche.
 
Nous sommes au Wallace, Pub scottish du Vieux-Lyon et pourtant, l’espace d’un match de football, le temps semble s’être suspendu aux lèvres de nos joyeux drilles. Aromatisées à l’orge, cela va de soi. On se croirait ailleurs. Une vieille horloge en bois se reflète dans un miroir fixé au plafond, duquel descend un grand lustre un rien clinquant. Des murs noirs, ce même plafond orné de moulures d’un pourpre pompeux. Le décor paraît irréel.
 
Au fil des minutes, la clameur se fait de plus en plus vive dans l’estaminet. Gravesen double la mise. Tandis que les uns se congratulent à nouveau, les autres, supporteurs malchanceux de l’équipe adverse, n’ont plus qu’à se rallumer une cigarette, un brin dépités. Un luxe pour ces britanniques malgré tout heureux de se retrouver dans cette atmosphère enfumée. Mille senteurs viennent vous chatouiller les narines : tabac, bière, baked beans, fish n’chips…le quatuor dominical en somme !
 
Tandis que la pénombre enveloppe la Ville des Lumières, les lampadaires du bar diffusent un éclat feutré, renvoyé subtilement par les rangées de bouteilles de Whisky pur malt.
John, accompagné de sa petite amie, trahi par un accent nasillard anglais, commande un douze ans d’âge. Supporte t-il une des deux équipes ? Ou bien attend-il le fameux Arsenal-Liverpool de 17h00 ? That is the question…
 
Le va-et-vient est incessant. Alors que le tumulte se veut de plus en plus insistant, les portes aux allures de saloon s’entrebâillent. Un couple de néo-zélandais tente, le pas hésitant, de se faire une place dans ce Babel étourdissant. Ici, l’anglais se décline à tous les accents. La mine réjouie par le match parfait des All Blacks la veille à Gerland, ces kiwis ont les bras chargés de victuailles empaquetées. Du bon vin sans doute.
 
La partie touche bientôt à sa fin. Gravesen en inscrit un troisième. Larry enfonce le clou :  
 

C’mon the Hoops !!!

Des applaudissements jaillissent. C’est terminé. Trois buts à un. La tournée pour les vaincus. Let’s have another drink, now !

(c) Guillaume D.

Just like Heaven...

http://www.youtube.com/watch?v=Xfgqi-UahE8

You'll never walk alone...

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Jeudi 1 février 2007

Tú me acostumbraste

Tú me acostumbraste
A todas esas cosas
Y tú me enseñaste
Que son maravillosas

Sutil llegaste a mí
Como la tentación
Llenando de anxiedad
Mi corazón

Yo no concebía
Como se queria
En tu mundo raro
Y por to aprendi

Por eso me pregunto
Al ver que me olvidaste
Por qué no me enseñaste
Cómo se vive... Sin ti?

C'est comme une chanson. Comme un film, que j'ai vu deux fois, et que je vais me dépêcher d'aller voir une troisième fois. Comme une histoire, qui fait saigner, qui fait réfléchir, et vous ouvre les yeux sur un monde où la folie a pris le pas sur l'amour. Mais que reste t-il donc après l'amour ?

Je n'écrirai pas sur Babel. Je l'ai déjà fait. Et puis, ce ne serait qu'éloge...et il y en a suffisamment dans ce blog. J'avais juste envie de parler de cette chanson, et du flot de sentiments qu'elle soulève en moi. C'est comme le calme après l'orage. Comme le ressac sur un brise-lames, ou sur des galets. Le tumulte fantôme finit de murmurer avant de s'évanouir en un souvenir qui ne survivra que dans un gros coquillage. On y glissera l'oreille, pour tenter de l'ouïr...mais le seul souvenir qui demeurera sera celui d'un coeur qui bat.

Babel, c'est ce sentiment, mélangé à d'autres. Cette chanson, "tu me acostumbraste", l'illustre bien, je trouve. Avec les images projetées sur le grand écran noir, les vagues naissent dans les yeux, mais c'est le coeur qui ruissèle. Le film Paris Je t'aime, à sa manière, m'avait procuré la même sensation. Là, l'émotion est plus forte encore, car interprétée avec toute la sincérité qu'elle peut exiger.

Pour aller voir Babel, certes il est un peu tard...mais dès que vous le pourrez, louez-le, mieux : faites-en l'acquisition. A défaut de trouver la clé du langage, vous trouverez celle de votre coeur. Babel n'est pas un film, c'est un bonheur.

 

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Samedi 27 janvier 2007

 La victoire, souvenir par essence

Même les plus belles victoires sont autant de défaites face au temps, et constituent l'essence même du perpétuel recommencement de la vie, dont le football est la métaphore la plus enjouée, passionnante, et exacerbée. Tout y est exagéré. Le foot comme un enjeu majeur, le triomphe. La victoire, oui, mais la victoire sur l'autre. La domination va puiser son existence dans l'effort et l'exaltation de valeurs éphémères. La victoire est déjà un souvenir. Chaque seconde qui s'écoule est une victoire du temps sur l'Homme, en réalité. Une défaite de l'Homme sur lui-même, masquée inconsciemment par la joie  ou l'illusion d'avoir vaincu. A peine la partie gagnée, pas le temps de savourer qu'il faut déjà se projeter, remettre les compteurs à zéro comme autant de pendules à l'heure, dont le destin est l'horloger...et recommencer...

G.D.

 

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Samedi 27 janvier 2007

Breathe the Air again...

Après avoir vendu 800.000 exemplaires de son troisième album Talkie Walkie, sorti en 2004, le groupe Versaillais va bientôt faire son comeback sur le devant de la scène. La sortie du nouvel opus, baptisé "Pocket Symphony" est prévue pour le 19 février sur le net. Pour avoir le disque dans tes mains, public, il te faudra attendre le 5 mars 2007.

L'album, qui contiendra douze nouvelles chansons, est produit par Nigel Godrich. On retrouvera bien sûr Jean-Benoit Dunckel, après son escapade musicale Charlotgainsbouresque, et Nicolas Godin mais zaussi Jarvis Cocker, et Neil Hammon, de Divine Comedy.

D'après le duo versaillais, Pocket Symphony sera tout aussi planant et aérien que Talkie Walkie, avec quelques nouveautés...En effet, Godin a appris à jouer du Koto, une harpe japonaise, dont la pratique lui a été enseignée par un maître Okinawa, ainsi que du Shamishen, une sorte de petit banjo. Bref, j'attends de voir quand même. Le premier single est déjà en écoute sur les différents sites...

Le groupe entamera mi-mars une série de concerts européens, dont une halte parisienne à la Cigale le 29 mars (places en vente lundi 29 janvier, si ça vous dit...) et s'envolera ensuite pour les Etats-Unis, avant de revenir pour les traditionnels festivals estivaux.

Bon, écouter AIR, c'est comme dormir avec la tête contre un nuage, à 10,000 pieds du sol, mais bien au chaud, comme dans les bras d'un ange...Si je n'aime pas tout, je les apprécie assez, en raison de leur implication dans pas mal de projets, et aussi parce qu'ils expérimentent, ils produisent un son intéressant, et planant, au sens floydien du terme. Même si c'est patoutafépareil =)

AIR, c'est aussi et surtout la BO de "Virgin Suicides", avec le magique Playground Love...et également la bande son du merveilleux "Lost in Translation", de Sofia Coppola, qui fera par ailleurs bientôt l'objet d'un article sur ce blog ;-)

En attendant, je rêve :

http://www.youtube.com/watch?v=7W-OYeVryc4

All I Need - Air

http://www.youtube.com/watch?v=HRodB77sz8A

Playground Love - Air

http://www.pocket-symphony.com/

Le site de Pocket Symphony

 

 

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