Pensée du jour

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Samedi 9 juin 2007

Tombé du ciel...

Vous n'avez jamais remarqué ? Il arrive parfois après vous être installé dans votre banquette, dans un cinéma de quartier, et après avoir incliné la tête, que vous vous mettiez à rêver.

Le grand écran noir prend alors des allures de ciel et, avec un peu de chance, des anges y apparaissent et se mettent à jouer.

Le cinéma, c'est cette toile constellée d'étoiles, certaines y brillant plus que d'autres. Il arrive même que certaines de ces fabuleuses nébuleuses se fassent filantes, au détour d'une scène, alors que l'on s'y attend le moins. Comme pour nous surprendre. On aimerait alors les suivre des yeux, pour toujours, et les contempler à nouveau, avec toujours le même plaisir.

Ce plaisir, je l'ai éprouvé en m'émerveillant devant :

"Les Ailes du Désir", de Wim Wenders.

 

Cette pellicule n'est pas un film. C'est un rêve.

J'ai déjà ressenti du bonheur en me faisant une toile, mais là...c'est autre chose. Inexplicable. Bouleversant.

Pour la première fois, le générique de fin défilant sous mes pupilles encore humides, une pensée terrible s'est mise à scintiller dans mon esprit. J'étais triste. Triste à l'idée qu'un jour, mes yeux ne puissent plus se délecter d'un tel rêve.

C'est un sentiment puissant, qui vous envahit, vous serrant la gorge, pour finalement vous laisser sourire d'être encore là.

Il me faut donc vous parler des Ailes du Désir. Il est difficile de retranscrire des émotions avec des mots, pour ne pas dire impossible, mais on peut s'amuser à essayer, non ?

Alors, allez-y, embarquez sur le radeau, et laissez-vous bercer par le clapotement du flot de sentiments qu'a éveillé en moi ce film. Ou plutôt ce rêve...

Fermez les yeux. Imaginez deux anges, Damiel et Cassiel, déambulant dans un autre monde, si loin, si proche du nôtre. Un monde en noir et blanc, hanté par nos pensées et nos murmures. Un monde à part sans saveur ni odeur, mais où l'esprit résonne et où les ailes tentent de guérir nos malheurs ancrés dans un monde, lui, bien en couleurs.

Quand l'idée lui a prit de tourner ce long-métrage, Wim Wenders, le réalisateur allemand, se demandait comment les montrer, ces anges invisibles à nos yeux, mais pourtant bien là, à nos côtés... Et puis, il s'est aperçu qu'en réalité, le vrai problème, c'était plutôt comment eux nous voyaient :

"Le point de vue du film était celui des anges. Quel serait le regard d'un ange ? Impossible de l'imaginer. Alors comment traduire ce dilemme avec la caméra ?"

Jean Cocteau disait : "Le cinéma, c'est de l'écriture moderne dont l'encre est la lumière". Et de lumière, il en est formidablement question à chaque instant du film, à chaque séquence, à chaque plan.

Sorti en 1987, Der Himmel Übber Berlin, le titre original, n'aurait sans doute pas été rendu aussi onirique et poétique sans la grâce d'Henri Alekan, le directeur de la photographie. Il a su insuffler aux idées de Wenders, et de Peter Handke, l'autre scénariste, cette magie que seule la lumière et les images peuvent exprimer.

Des images alternant couleurs et noir-et-blanc, dépeignant un Berlin encore humilié par son Mur, et plongeant l'esprit en contre-plongée dans deux univers différents, bercés de sonorités nuancées.

Damiel, joué remarquablement par Bruno Ganz - tentez de jouer le rôle d'un ange ! -, également acteur principal du plus controversé "La Chute" (Der Untergang), sorti en 2005, fait part à son alter-ego-ami Cassiel de son désir d'éprouver lui aussi, un jour, des sentiments humains. Et de troquer ses ailes contre une vie en couleurs, et un regard sonnant en écho de la belle Marion, trapéziste ailée jouée par la regrettée Solveig Dommartin.

Quelle sera alors sa surprise lorsqu'une rencontre des plus étonnantes viendra bouleverser son existence !

Servi par une distribution idéale, le rêve n'en sera que plus beau.

I can't see you...but I know you're here...

Outre des plans délicieux, mis en lumière avec la grâce et le talent d'Alekan, Les Ailes du Désir est aussi une oeuvre poétique touchante qui ne peut que vous toucher au coeur. Mes mots ne peuvent vous le décrire assez bien, je vous conseille donc...non, je vous demande... de voir ce film. Vous ne serez vraiment pas déçus, je vous le promets.

Der Himmel Übber Berlin est le plus beau film que j'ai jamais eu la chance de voir.

J'applaudis même avec les pieds !

A défaut d'avoir des ailes...

 

 

 

 

 

 

 

Cet article est dédié à un ange, bien réel...

(c) Guillaume D.

 

 

"Lorsque l'enfant était enfant, il marchait les bras ballants, voulait que le ruisseau soit rivière et la rivière fleuve, que cette flaque soit la mer... Lorsque l'enfant était enfant, il ne savait aps qu'i létait enfant, tout pour lui avait une âme et toutes les âmes étaient une... Lorsque l'enfant était enfant, il n'avait d'opinion sur rien, il n'avait pas d'habitudes, il s'asseyait en tailleur, démarrait en courant, avait une mèche rebelle et ne faisait pas de mines quand on le photographiait..."

"Lorsque l'enfant était enfant, ce fut le temps des questions suivantes: pourquoi suis-je moi, et pourquoi pas toi ? Pourquoi suis-je ici et pourquoi pas là ? Quand commence le temps et où finit l'espace ? La vie sous le soleil n'est-elle pas un rêve ? Ce que je vois, entend, sens, n'est-ce pas simplement l'apparence d'un monde devant le monde ? Le mal existe-t-il vraiment et des gens qui sont vraiment les mauvais ? comment se fait-il que moi, qui suis moi, avant de devenir, je n'étais pas, et qu'un jour moi, qui suis moi, je ne serai plus ce moi que je suis ?" .

(paroles tirées du film - ouverture- )

 

- Compañero !

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Mardi 5 juin 2007

D'un Hallelujah à l'autre...

Il est trois heures du matin. L'orage gronde. La foudre vient de s'abattre, toute proche, dans un vacarme étourdissant, et je suis là, assis devant cet ordinateur, pendant que Nina Simone sautille sur les touches blanches et noires d'un piano désaccordé. My baby just cares for me. Contraste magnifique d'une mélodie mythique et d'un tonnerre mirifique.

Me revoilà donc devant cette page blanche virtuelle. Je ne pianote pas beaucoup ces temps-ci. En manque de rythme ? Assez, oui, mais plutôt une grosse flemme, on va dire. Vous ne m'en voudrez pas, je le sais, et j'accepte votre pardon, chers fidèles lecteurs de ce blog un peu curieux. Si si, il y en a. Pas beaucoup. Mais il y en a.

Si je n'écris pas tous les jours, c'est que rêver, ça prend du temps. Mais récemment, au cours de mes pérégrinations, j'ai rencontré quelque beauté dont il me faut vous parler absolument. La première, c'est un Hallelujah bis.

Après Jeff Buckley, voici Nick Cave, australien, et bien vivant, lui. Une sorte de poète inclassable et incassable. Question d'ailes, là encore.

Nick Cave, c'est d'abord une tronche, une sorte de personnage inquiétant qu'on croirait sorti tout droit d'un film de Tim Burton ou d'un roman d'Edgar Allan Poe. Mais le fantastique, c'est pas son truc.

Pourtant, on l'a déjà connu acteur, dans des films signés Wim Wenders, dont l'angélique pellicule des Ailes du Désir, où il campe son propre rôle dans son Berlin emmuré, torturé, théâtre de son premier roman, "Et l'âne vit l'ange". Et puis d'autres encore...qui correspondent tellement à son personnage naturel, essentiel.

L'essence, brute, d'un artiste multi-facettes qui va là où on ne l'attend plus. Road Trip. Il en a vu du pays. Australie, Etats-Unis, Berlin. A l'Ouest, évidemment. Comme tous les génies. Et aujourd'hui, le Royaume-Uni.

L'oeuvre de Nick Cave est vaste. Elle s'étend sur plusieurs arts, des hectares d'Outback australien, et plusieurs décennies de poésie, de magie. Mais je voulais mettre en lumière un album sorti en 2001, avant le grand effondrement, avant que la poussière ne se répande comme un fléau entre deux eaux, deux mondes.

No more shall we part, c'est son titre.

A peine le disque posé avec délicatesse sur la platine que l'univers du chanteur s'évapore avec volupté. C'est, en quelque sorte, comme si l'on avait voulu capturer dans un bocal quelques boufées d'oxygène de ses différents voyages, et que l'on relâchait celles-ci subitement. On se laisse emporter, tout doucement. Tout simplement.

Puis Nick nous prend par la main et nous emmène, pour une douzaine de longues balades à la Léonard Cohen. Il nous raconte la foi, l'amour, et nous conte le désir, le regard.

Soyeux et raffiné; à bien y réfléchir, je pense que le meilleur adjectif pour le définir, c'est "beau".

Cet album est beau.

La voix taillée dans le malt, rocailleuse comme un désert rempli de mystères, Nick Cave erre, tel un prêcheur inspiré, entre un Lou Reed berlinois et un Springsteen apaisé.

Des histoires touchantes se succèdent à tours de pistes soignées, comme le mélancolique et passionné "Sorrowful Wife", parfum de rupture qui résonne comme une montagne russe d'émotions forgées par la vie.

Le piano, omniprésent, le violon, astucieusement, et les guitares, fabuleusement, viennent diffuser une ambiance des plus oniriques, et envelopper dans un drap satiné tout le pouvoir lyrique du poète australien.

Son Hallelujah n'est pas celui de Buckley, mais il a le mérite de nous emporter sur les sommets de la beauté. On a même la chance de s'y promener dans quinze pieds d'une neige à la pureté aussi évidente et éclatante que ce Fifteen Feet of Pure White Snow désespéré. Dans le bon sens du terme. Dans le sens poétique du terme :

Raise your hands up to the sky
Raise your hands up to the sky
Raise your hands up to the sky
Is it any wonder?
Oh my Lord Oh my Lord
Oh my Lord Oh my Lord

Doctor, Doctor
I'm going mad
This is the worst day
I've ever had
I can't remember
Ever feeling this bad
Under fifteen feet of pure white snow
Where's my nurse
I need some healing
I've been paralysed
By a lack of feeling
I can't even find
Anything worth stealing
Under fifteen feet of pure white snow

Je terminerai ce billet par les quelques fragments de Love Letter qui sonnera aux oreilles de tout amoureux à la plume chargée d'encre et d'angoisse, comme la parfaite illustration d'un sentiment issu d'une trinité : Beauté, Pureté, et Volupté.

Hallelujah ! Nick Cave déploie ses ailes...

I hold this letter in my hand
A plea, a petition, a kind of prayer
I hope it does as I have planned
Losing her again is more than I can bear
I kiss the cold, white envelope
I press my lips against her name
Two hundred words. We live in hope
The sky hangs heavy with rain

Love Letter Love Letter
Go get her Go get her
Love Letter Love Letter
Go tell her Go tell her

A wicked wind whips up the hill
A handful of hopeful words
I love her and I always will
The sky is ready to burst
Said something I did not mean to say
Said something I did not mean to say
Said something I did not mean to say
It all came out the wrong way

Love Letter Love letter
Go get her Go get her
Love Letter Love letter
Go tell her Go tell her

Rain your kisses down upon me
Rain your kisses down in storms
And for all who'll come before me
In your slowly fading forms
I'm going out of my mind
Will leave me standing in
The rain with a letter and a prayer
Whispered on the wind

Come back to me
Come back to me
O baby please come back to me...

(c) Guillaume D.

PS : l'album est en écoute sur radioblog, alors foncez !

En attendant :

Un duo avec PJ Harvey : http://www.youtube.com/watch?v=uHdNCHomHlU

God is in the house : http://www.youtube.com/watch?v=V5EdK1Hh7ZI

Love Letter : http://www.youtube.com/watch?v=6KZqfN9eh8w

Fifteen Feet... http://www.youtube.com/watch?v=XQVfOJMCECg

Et n'hésitez pas à donner vos commentaires... =)

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Lundi 21 mai 2007

Jeff Buckley

1966-1997

Le temps file à grande vitesse. A peine commence t-on  à apprécier quelqu'un qu'il disparaît. Heureusement, l'âme ne s'efface pas, elle continue de briller, et d'inspirer...

Parfois, à trop briller, les étoiles filent, comme ce temps, bouffeur de talent, comme jaloux de ne pouvoir attraper les anges dans son filet. Le temps passe, les artistes restent.

Depuis que j'ai commencé à griffonner sur cette page blanche virtuelle, je n'ai pas encore parlé de Jeff. J'attendais le moment opportun, et puis si j'avais tout dévoilé d'un coup, j'aurais eu quoi à raconter, moi, en ce 21 mai ? Je vous le demande...

Dans une semaine, cela fera dix ans que Jeff Buckley a quitté l'enveloppe terrestre. Dix ans que son corps a été emporté par les eaux de la Wolf River, un affluent du Mississippi, à Memphis, aux Etats-Unis. Le destin est parfois curieux. Comment cet ange-là a t-il pû s'envoler sur les terres où le rock est né ?

Fauché bêtement en pleine gloire, Jeff Buckley subit donc la même trajectoire tragique que son père, Tim, mort à vingt-huit piges. Même destin, pour un même visage, et deux voix intimement liées, contrairement à ces deux bonhommes qui ne se sont quasiment pas connus.

Peut-être que les grands artistes doivent passer par là ? Peut-être est-ce la marque des grands, de partir au moment où l'amour qu'on leur porte devient trop important ? L'histoire de Buckley est fascinante.

Je l'ai découvert assez tardivement, au détour d'une histoire d'amour, avec sa reprise magnifique, hors du temps, d'Hallelujah, de Leonard Cohen. Trop tard pour avoir eu le privilège de le voir en concert ou le rencontrer. Un ami à moi a eu cette chance. Il en fut retourné.

Car jamais un artiste ne se sera aussi bien approprié le titre d'un de ses albums... La "grâce", oui, avec lui, il en était question. Aujourd'hui encore. A l'occasion du dixième anniversaire de sa mort, un nouvel album, doté de versions inédites, va être mis dans les bacs, demain, 22 mai. Une aubaine sur laquelle ceux qui n'ont pas encore entendu Jeff doivent absolument se jetter...

Un génie, rien que ça. A tel point que des dizaines d'artistes avouent le compter parmi leurs plus grandes infuences musicales. C'est même évident à l'oreille... Prenez Radiohead, Rufus Wainwright, Tom McRae, Damien Rice et j'en passe, vous retrouverez du Buckley là-dedans...

Lui même s'était nourri de tellement d'influences...de Piaf à Billie Holiday, en passant par Bob Dylan ou Nusrat Fateh Ali Khan, Jeffrey avait su se créer un univers à lui, autour d'une voix couvrant cinq octaves (excusez du peu) et qui n'aurait pas dépeint dans un opéra.

Une voix d'ange, tout simplement. A (re)découvrir d'urgence.

Un petit moment hors du temps, ça vous dit ?

http://www.youtube.com/watch?v=zLQUdHMFpBQ

 

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Lundi 21 mai 2007

Stratosphérique

Il y a des soirs comme ça où tout s'écroule autour de vous... Non, rassurez-vous, je ne vais pas vous raconter comment Pascal Obispo continue de se ridiculiser, en sortant un énième album...il n'a pas besoin de moi pour cela. En revanche, j'ai envie de vous parler d'une petite découverte printanière.

L'autre soir, je déambulais à moitié éveillé dans les allées de la FNAC lilloise quand soudain mon oreille perçut un son venu d'ailleurs. Mon sixième sens étant, lui, bien en alerte, je décidai donc de trainer les pieds jusqu'au rayon skeud, d'où émanait cet étrange fond sonore.

Un des disquaires avait eu la bonne idée de mettre un peu d'ambiance avant de fermer boutique. Par contre, il avait eu la mauvaise idée de prendre sa pause au même instant. J'attends donc patiemment, savourant les plages qui se succèdent sur la platine.

Et puis, au fil des minutes, je découvre une voix hallucinante, planante, aérienne au possible, et je me dis de plus en plus qu'il ne peut s'agir que de Thom Yorke, le chanteur de Radiohead... Mais Thom a déjà sorti une galette l'an passé, et Radiohead n'a pas encore fini de boucler son prochain opus. Mais qui cela peut-il bien être, bon sang ?!!

Ah, voilà enfin le disquaire ! Euh...b'soir m'sieur, c'est quoi qui passe là en ce moment ?  Toujours sympathique, comme tous les vendeurs de la FNAC, il déserra à peine les dents pour finalement me livrer le nom du bonhomme en question : Julian Fane. Ouf, me voilà rassuré, je n'avais donc pas manqué un éventuel comeback secret de Radiohead !

Voilà donc Julian, canadien de Vancouver, ex-trader reconverti à la musique électronique. En 2004, il avait déjà sorti un album, Special Forces, et là, il nous revient avec Our New Quarters, encore plus entêtant, et décidément très stratosphérique...

A mi-chemin entre Thom Yorke, Mogwai et Sigur Ros, Julian Fane n'a aucun complexe à se faire, il marche sur les pas de ses glorieux ainés...Si vous appréciez le genre et l'electro, je ne peux que vous le conseiller !

Allez mes p'tits caribous, sortez vos cerfs-volants :p

(c) Guillaume

http://www.myspace.com/julianfane

 

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Lundi 14 mai 2007

La Belgique, l'autre pays du rock...

Qu'il est loin le temps où Plastic Bertrand planait sur les ondes outre-Quiévrain !  A trop se moquer de nos voisins belges, on en oublierait presque que ce pays regorge de merveilles. Oui, vous avez bien entendu. Et je ne parle pas de bière, ni de frites, ni de moules, mais de rock.

Depuis une quinzaine d'années, le paysage musical belge jusque là orphelin de son plus grand représentant, j'ai nommé l'artiste Brel, s'est transformé à la faveur de groupes comme DEUS, Hooverphonic ou K's Choice, avec la voix sublime de Sarah Bettens, qui voyage désormais sur des accords solo.

Ensuite sont venus s'y greffer des formations talentueuses comme Ghinzu (Do you read me ?), Venus, Novastar, Girls in Hawaï ou encore le génial Ozark Henry. Arid également. Mais quand on tend l'oreille, on n'entend rien. La radio française reste désespérément sourde aux riffs planants et aux univers aériens de nos cousins belges.

C'est le cas avec le groupe dont je veux vous parler. Il s'agit de Mud Flow, coulée de boue dans le texte. Sauf que la coulée de boue n'emporte pas sur son passage l'enthousiasme des programmateurs bien de chez nous. La blague n'est pas de bon goût, puisque le talent ne fait pas rire. Et ici, du talent, il est en furieusement  question.

Après quelques balbutiements aux début des années 2000, Mud Flow revient fort en ce début d'année 2007, plus mûr, plus aérien encore, à la frontière entre mélancolie et génie. Leur dernier album, Ryunosuke, paru en février, est bien celui de la maturité. Dans les prochaines semaines, le groupe pourra peut-être convaincre les censeurs réticents qu'il a sa place parmi ses petits camarades de la Nouvelle scène belge qui s'exporte. Ce serait drôlement bien, une fois.

http://www.radioblogclub.fr/open/134876/lazy/Mudflow%20-%20Chemicals

http://www.radioblogclub.fr/open/134876/lazy/Mudflow%20-%20Today

http://www.myspace.com/mudflowmusic

Ils seront à Dour, et Hasselt, pour le Pukkelpop Festival, en juillet et août.

(c) Votre serviteur, Guillaume (De retour du Pôle Nord ;-p )

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